Si les antibiotiques, c'est pas automatique, alors mangez moins de viande, parce-qu'elle en est bourrée !

Pour preuve, s'il en est encore besoin de le souligner, un article extrait du site UNIVERS NATURE, ci-dessous :

 


28-02-2011

Plus de 1000 tonnes d’antibiotiques vétérinaires vendues en 2009

L’Agence Nationale du Médicament Vétérinaire (ANMV) vient de publier son rapport de suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2009. Ce suivi se base sur les déclarations des titulaires d'autorisation de mise sur le marché. Pour l’année 2009, outre la déclaration des volumes vendus, a également été demandée une estimation de la répartition des ventes par espèce de destination.

Au final, le volume total des ventes s’élève à 1067,35 tonnes d’antibiotiques en 2009. Les antibiotiques destinés aux animaux de rente comptabilisent plus de 92 % du total de ces ventes. A l’instar des enquêtes précédentes, quatre familles d’antibiotiques représentent plus de 80 % du total des ventes d’antibiotiques, la famille des Tétracyclines comptant, à elle seule, près de la moitié des ventes. En 2009, les ventes d’antibiotiques ont diminué de 13 % (159 tonnes) par rapport à 2008, et de 19,3 % (255 tonnes) par rapport à 1999. Il s’agit du tonnage le plus faible enregistré sur cette période. Toutefois, comme le spécifie le rapport, les tonnages vendus d’antibiotiques ne reflètent pas précisément l’utilisation des antibiotiques compte tenu des différences d’activité et de posologie entre les différents antibiotiques. Décrits comme « généralement plus actifs », les antibiotiques récents nécessitent, en effet, l’administration d’une quantité plus faible d’antibiotiques. Par ailleurs, il est à noter que l’augmentation de l’utilisation des antibiotiques représentés par les Fluoroquinolones et les Céphalosporines de 3ème et 4ème générations est jugée préoccupante, ces molécules étant considérées « d’importance critique ». En ce sens, ces antibiotiques doivent être réservés au traitement curatif en médecine vétérinaire et utilisés en deuxième intention selon les recommandations européennes.

Obtenue en rapportant les estimations de poids vifs traités à la masse de population animale potentiellement consommatrice, l’estimation du niveau de l’exposition s’avère un bon indicateur de l’exposition aux antibiotiques. Celui-ci est, en effet, directement corrélé au pourcentage d’animaux traités par rapport à la population animale totale. Entre 1999 et 2009, le niveau d’exposition des animaux aux antibiotiques pour les voies d’administration orale et parentérale (2), toutes familles confondues, a augmenté de 12,6 %. En 2009, il a en revanche diminué de 3,9 % par rapport à 2008. Toujours selon cet indicateur, les porcs, la volaille, les lapins, les chats et chiens seraient les espèces les plus exposées aux antibiotiques.

L’ANMV appelle, toutefois, à utiliser les résultats issus de cette enquête avec précaution, notamment lors de l’emploi d’indicateurs intégrant des estimations de posologies ou de durées de traitement. Reconnaissant que « L’antibiorésistance est un problème de santé publique concernant aussi bien la médecine humaine que la médecine vétérinaire », elle estime nécessaire de mener des études parallèles sur le terrain afin de compléter les informations obtenues via le suivi national des ventes d’antibiotiques.

Cécile Cassier
1- Tétracyclines, Sulfamides, Pénicillines et Macrolides.
2- L’administration est faite au moyen d’une injection, intraveineuse, musculaire ou sous-cutanée.

Alors, toujours envie de bâfrer autant de viande ?