Nouveau combat des allergiques à l'Art contemporain, des catholiques ulcérés, des "je ne connais pas mais je déteste", un spectacle de Rodrigo Garcia "golgota picnic" qui aura lieu à Paris lors du festival d'automne, mobilise étrangement des personnes qui veulent le faire interdire.

Pourquoi ? Les raisons sont diverses, comme toujours, mais ont pour point commun l'expression d'un appauvrissement intellectuel teinté d'agressivité dans une société paumée qui n'ose s'avouer que les branches auxquelles elle s'accroche sont toutes vermoulues.

Dans les commentaires que j'ai pu lire ici où là, les détracteurs affirment que seul le Christ subit le blasphème alors que Mahomet n'en souffre pas puisqu'il paraît qu'il inspire la peur et que les artistes n'osent pas blasphémer à son encontre.

Mais, si les chrétiens étaient aussi tolérants que ce qu'a précisément enseigné Jésus, ils laisseraient les artistes s'exprimer librement, essaieraient de comprendre leur démarche artistique, et réaliseraient que si le blasphème peut s'exprimer en toute liberté à l'encontre de la religion catholique, il pourra également s'exprimer pour railler le barbu enturbanné sans visage !

Accepter le caractère blasphématoire d'une oeuvre de l'esprit est nécessaire au maintien de la liberté d'expression, et un artiste (athée ou non) n'a pas à se préoccuper des susceptibilités religieuses, il se contente de délivrer son propre message, même si ce dernier a de grandes chances d'être incompris. Ménager les religions ne sera jamais une démarche intellectuelle saine. La censure conduit inévitablement à l'ignorance, mais ceci n'engage que moi.