Il fait un temps à écrire à un ministre, ciel très gris, vents contraires, pluie pourtant nécessaire mais qui se fait attendre, je choisis donc mon préféré, monsieur Chatel, non sans caresser l'espoir d' envoyer prochainement une lettre inspirée à monsieur LeMaire, mais... c'est une autre histoire !


Monsieur le Ministre de l'Education Nationale,


L'école se meurt, et sa fin programmée me révolte.

Le titre même du ministère dont vous avez la responsabilité est usé jusqu'à la corde.

L' »Education » incombe aux parents, non à l'école, par conséquent le terme d'instruction serait plus explicite. Le mot « Nationale » prend systématiquement la couleur des gouvernements successifs, au gré de réformes contradictoires, donc le terme « Publique » doit le remplacer, et votre ministère sera justement nommé le Ministère de l'Instruction Publique, cela évitera bien des malentendus.

 

Maintenant, je vous pose quelques questions auxquelles je vous laisse trouver de véritables réponses :

  • Pourquoi tant de suppressions de postes alors que de nombreux enfants ont énormément de mal à suivre et retardent ceux qui réussissent ? (Alors que vous venez d'aller chercher des chômeurs qui voulaient jouer aux profs !)

  • Pourquoi si peu d'efforts pour enrayer la violence dans les établissements scolaires, source d'angoisse pour les enseignants et cauchemar pour nombre d'enfants ?

  • Pourquoi ces options ridicules, visant à préparer les collégiens à la vie professionnelle, alors qu'ils ne maîtrisent même pas la langue française ?

  • Pourquoi cette réforme stupide pour les futurs instituteurs qui s'avèrent avoir des lacunes consternantes en langue française et une culture générale inférieure à celles de leurs prochains élèves ?

  • Pourquoi raboter le programme d'histoire de France ?

  • Pourquoi injecter dans le programme de français du collège, les textes religieux (bible et coran) au prétexte qu'ils sont fondateurs ?

  • Pourquoi ne pas être ferme et en adéquation avec la loi de 1905, en laissant les établissements scolaires confessionnels s'autofinancer et interdire toute exigence religieuse (menu halal, absence pour rites religieux,...) au sein de l'école laïque ?

 

J'ai le sentiment d'assister au naufrage de l'école que j'aimais il y a une quarantaine d'années et j'en souffre pour les enfants qui ont à le subir, insuffisamment instruits, ayant perdu toute curiosité intellectuelle au profit de la course aux notes. Je pense aussi aux élèves bien éduqués et studieux qui doivent supporter les éléments perturbateurs, irrespectueux et violents.

Au lieu d'égaliser par le bas au mépris de l'Instruction pour tous, je vous demande de tout mettre en œuvre pour que la France soit fière de ses institutions publiques et de ses jeunes !

Si l'Ecole continue à devenir un lieu de gardiennage, l'avenir de la France se conjuguera uniquement au passé.

 

Veuillez, Monsieur le Ministre, agréer l'expression de ma citoyenne considération.


 Ca, c'est le type même de l'élève à qui on botterait volontiers le cul avant son exclusion définitive !